Comment fonctionne une injection contre l'humidité ?
Le principe est simple : remplacer la barrière étanche qui manque en pied de mur. On perce une ligne de trous dans la maçonnerie, à intervalle régulier, et on y injecte un produit qui rend les pores de la brique et du mortier hydrofuges. Le produit se diffuse autour de chaque trou ; les zones traitées se rejoignent et forment une couche continue, que l'eau du sol ne peut plus traverser par capillarité.
L'injection ne sèche pas le mur. Elle coupe l'arrivée d'eau. L'humidité déjà présente au-dessus de la barrière doit ensuite s'évaporer, ce qui prend des mois, et les sels accumulés dans l'enduit restent là tant qu'on ne les retire pas.
Crème, liquide ou résine : quel produit injecter ?
L'Agence wallonne du Patrimoine recommande des produits à base de silanes, de siloxanes ou de copolymères fluorés, de classe A ou A+. Dans la pratique, les entreprises belges utilisent surtout trois familles :
| Produit | Comment il s'injecte | Pour quel mur |
|---|---|---|
| Crème ou gel (silane) | Au pistolet, trou par trou, sans pression | Brique et mortier courants, le cas le plus fréquent |
| Liquide | Par gravité avec des entonnoirs, ou à basse pression | Murs épais ou irréguliers, selon le diagnostic |
| « Résine » hydrophobe | Selon le fabricant, souvent sous pression | Terme commercial : demandez le nom exact du produit |
Les crèmes ont pris le dessus parce qu'elles sont propres et faciles à doser. La fiche technique d'une crème courante en Belgique, la SikaMur InjectoCream-100, annonce par exemple environ 80 % de matières actives, la conformité à une directive allemande de référence (WTA) et un essai d'efficacité réalisé par le CSTC, l'actuel Buildwise. Quel que soit le produit, l'important est que l'entreprise puisse vous dire lequel elle utilise et sur quels essais elle s'appuie.
À lire aussiPrix du traitement de l'humidité ascensionnelle : combien au mètre courant ?Comment se déroule le chantier ?
- Le diagnostic. Mesures à plusieurs hauteurs, recherche d'autres causes (infiltration, fuite, condensation) et, idéalement, analyse des sels avant travaux, comme le recommande l'AWaP.
- Le décapage. On retire le plafonnage chargé de sels, en général un peu au-dessus de la zone humide.
- Le forage. Des trous de 12 mm de diamètre, tous les 8 à 12 cm, dans le joint ou la brique selon la méthode, sur une ligne continue. Ils sont dépoussiérés à l'air comprimé.
- L'injection. À plus de 5 °C. Le trou est rempli jusqu'à 2 cm de la face opposée pour une crème, 5 cm pour un liquide.
- Le rebouchage et l'enduit. Les trous sont refermés, puis un enduit d'assainissement ou une membrane anti-salpêtre est posé, tout de suite ou après une période de séchage selon l'entreprise.

Pour un mur de brique d'une maison de rangée, l'injection elle-même se fait en général en une journée ou deux. C'est la remise en état et l'attente du séchage qui prennent du temps.
À quelle hauteur faut-il injecter ?
La barrière doit être continue et se trouver au-dessus du niveau fini extérieur, c'est-à-dire au-dessus du trottoir, de la terrasse ou de la terre du jardin. Si on injecte trop bas, l'eau de la terre et des éclaboussures contourne la barrière par le haut.
Les cas particuliers sont fréquents dans les maisons belges : rez surélevé sur cave, plancher en bois posé sur gîtes, terrain en pente, trottoir plus haut que le sol intérieur. Pour ces configurations, l'AWaP renvoie à la note technique de Buildwise sur l'humidité ascensionnelle, la NIT 252. Retenez qu'une entreprise sérieuse explique sur le devis à quelle hauteur elle injecte, et pourquoi.

Un doute sur l'origine de votre mur humide ?
Envoyez une photo du bas du mur. Une entreprise de votre région la regarde et vous rappelle, en général sous 24 h ouvrables. Gratuit et sans engagement.
Envoyer une photo de mon murLes injections dans un mur humide, ça marche ?
Oui, quand le problème est bien une remontée capillaire et que le travail est bien fait. Les avis négatifs qu'on lit sur les forums ont presque toujours une de ces explications :
- Ce n'était pas une remontée. Une façade qui prend la pluie ou une condensation d'hiver ne se règle pas par une injection en pied de mur. D'où l'intérêt de trouver d'abord d'où vient l'humidité.
- Les sels sont restés. Si on repeint ou replafonne sans retirer l'enduit chargé de salpêtre, les sels continuent d'attirer l'humidité de l'air et les taches reviennent, même avec une barrière parfaite.
- Le mur voisin n'a pas été traité. Dans une maison de rangée, l'eau peut contourner la barrière par le mur mitoyen ou par un mur de refend intérieur oublié.
- La barrière n'est pas continue. Trous trop espacés, trop peu de produit, ligne interrompue derrière un radiateur ou une cheminée.
- On a jugé trop vite. Le mur met des mois à sécher. Un mur encore humide trois mois après une injection n'est pas forcément un échec.
Je n'ai trouvé aucune statistique publique fiable sur le taux de réussite des injections en Belgique, et je me méfie des chiffres ronds affichés par certains vendeurs. Ce qui existe, c'est une procédure d'essai de l'efficacité des produits développée par Buildwise à la demande de l'UBAtc, l'organisme des agréments techniques ATG ; un rapport de 2024 est publié par un fabricant. Demander sur quels essais repose le produit est donc une question légitime.
Faire vérifier que c'est bien une remontée
Mur mitoyen : le point délicat des maisons de rangée
Dans une maison de rangée, les murs mitoyens sont souvent les plus touchés : épais, peu ventilés, jamais au soleil. On ne peut injecter que de son côté, et l'eau peut continuer à monter dans la partie du voisin. Une injection depuis un seul côté peut fonctionner si le produit traverse bien l'épaisseur, mais il faut que l'entreprise l'évalue et le dise. Si votre voisin a le même problème, un chantier commun coûte souvent moins cher et donne un meilleur résultat.
Combien coûte une injection ?
En octobre 2026, les entreprises belges qui publient leurs tarifs annoncent de 85 à 110 € le mètre courant, hors TVA, selon l'épaisseur du mur. Le décapage, l'enduit d'assainissement et le traitement des sels s'ajoutent. Avec la TVA à 6 % pour un logement de plus de 10 ans, 12 m de mur de brique courant reviennent ainsi à environ 1 100 à 1 400 € TVA comprise pour l'injection seule. Faites le calcul pour votre mur avec le calculateur de prix au mètre courant.
Et après l'injection ?
Le mur sèche lentement, du bas vers le haut. La fiche de l'AWaP parle d'environ un an pour un mur de brique de 60 cm d'épaisseur, et déconseille de refaire l'aménagement intérieur trop tôt. Si vous pensez faire l'injection vous-même, le guide des produits et kits d'injection vous dit quand c'est raisonnable. Pour le calendrier de la remise en état, voyez combien de temps un mur met à sécher.
Questions fréquentes sur l'injection
Combien de temps dure une injection ?
Pour quelques mètres de mur, une à deux journées. Le séchage du mur, lui, se compte en mois.
Peut-on injecter un mur soi-même ?
Oui, avec un kit de crème, sur un mur de brique accessible et de longueur raisonnable. La hauteur, l'espacement et la profondeur des trous doivent être respectés à la lettre, et vous n'aurez pas de garantie.
Faut-il injecter des deux côtés du mur ?
Pas forcément. La plupart des injections se font d'un seul côté, le produit traversant l'épaisseur. Pour les murs très épais, une double injection est parfois proposée.
Quand peut-on repeindre après une injection ?
Quand le mur est sec et que les mesures sont stables, avec un enduit adapté aux sels. Repeindre sur un mur encore humide fait revenir les cloques.
Une injection est-elle garantie ?
Beaucoup d'entreprises annoncent une garantie, parfois longue. Lisez ce qu'elle couvre exactement et à quelles conditions, et demandez-la par écrit.