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Quelle solution contre l'humidité ascensionnelle ? Le comparatif

Injection de crème, injection liquide, saignée avec membrane, boîtier électrique, tubes « qui font respirer le mur » : les solutions vendues contre l'humidité ascensionnelle n'ont pas toutes la même efficacité. Ce comparatif s'appuie sur la fiche technique de l'Agence wallonne du Patrimoine, pas sur les brochures des vendeurs.

Sacha Bernard
Sacha Bernardéditeur du site · mis à jour en octobre 2026

Quelle solution pour votre mur ?

Indiquez votre situation : le comparatif met en avant les solutions adaptées et estompe les autres, avec une phrase d'explication pour chacune.

Comparateur des traitements de l'humidité ascensionnelle

Choisissez votre situation : les solutions adaptées ressortent, les autres s'estompent. Les avis techniques viennent de la fiche de l'Agence wallonne du Patrimoine sur les barrières contre les remontées capillaires.

Injection de crème (silane) par une entreprise

Référence
Principe
Forage en pied de mur, crème hydrofuge injectée dans les trous, qui forme une barrière continue.
Prix
85 à 110 € le mètre courant HTVA (relevé auprès d'entreprises belges), plus pour un mur épais.
Pour
Produits de classe A ou A+ recommandés par l'AWaP, chantier rapide, peu de casse.
Limites
Le mur met des mois à sécher ; l'enduit chargé de sels doit souvent être refait.

Injection liquide (gravité ou basse pression)

Selon le mur
Principe
Même principe, avec un produit liquide qui se diffuse dans la maçonnerie, par entonnoirs ou sous pression.
Prix
Sur devis, du même ordre que la crème selon l'épaisseur.
Pour
Adaptée aux maçonneries épaisses ou irrégulières, selon le produit.
Limites
Le produit peut fuir dans les vides d'un mur en moellons : diagnostic indispensable.

Kit de crème du magasin, posé soi-même

Possible
Principe
Les mêmes crèmes silane, vendues en poches ou cartouches avec un pistolet.
Prix
Prix du produit seulement (TVA 21 %), plus la location d'une foreuse.
Pour
Bon marché pour quelques mètres de mur en brique, accessible.
Limites
Hauteur, espacement et profondeur des trous à respecter ; pas de garantie ; enduits à refaire soi-même.

Coupure mécanique : saignée et membrane ou plaques

Cas particuliers
Principe
On scie le mur en pied, par tronçons, et on glisse une membrane ou des plaques étanches.
Prix
Sur devis, chantier lourd.
Pour
Barrière physique franche.
Limites
Travail de gros œuvre, délicat sur un mur mitoyen ou porteur, rarement proposé en maison de rangée.

Électro-osmose et boîtiers « sans travaux »

Déconseillé
Principe
Un boîtier ou des électrodes censés repousser l'eau vers le sol.
Prix
Variable.
Pour
Pas de forage ni de casse.
Limites
Selon l'AWaP, la technique « ne fait pas l'unanimité et ne semble pas devoir être retenue ».

Siphons atmosphériques (tubes poreux)

À proscrire
Principe
Des tubes poreux insérés dans le mur pour le « faire respirer ».
Prix
Variable.
Pour
Aucun selon les sources officielles.
Limites
L'AWaP les qualifie d'« inefficaces » et « à proscrire ».

Enduit d'assainissement ou membrane anti-salpêtre seuls

Complément
Principe
Un enduit poreux ou une membrane qui accueille les sels et protège la finition.
Prix
Environ 90 € le m² pour un enduit anti-salpêtre (prix indicatif d'une entreprise).
Pour
Indispensable après une injection quand les sels ont envahi l'enduit.
Limites
Seul, il ne coupe pas la remontée : il la masque quelques années.

Peinture anti-humidité, déshumidificateur

Provisoire
Principe
Une finition qui bloque l'eau en surface, ou un appareil qui sèche l'air.
Prix
Selon le produit ou l'appareil.
Pour
Soulage vite une pièce, utile en attendant les travaux.
Limites
Ne traite pas la cause ; une peinture étanche peut pousser l'humidité plus haut dans le mur.

Sur quoi repose ce comparatif ?

La référence technique belge sur le sujet est la note d'information technique NIT 252 de Buildwise (ex-CSTC), « L'humidité dans les constructions, particularités de l'humidité ascensionnelle », publiée en décembre 2014. Elle remplace l'ancienne NIT 210 et n'est pas en accès libre. L'Agence wallonne du Patrimoine s'y réfère dans une fiche publique sur la mise en œuvre d'une barrière contre les remontées capillaires. C'est cette fiche que je cite ici, parce que vous pouvez la lire vous-même.

À lire aussiInjection d'un mur humide : comment ça marche et pourquoi ça rate parfois

L'injection : la solution de référence

L'AWaP recommande des produits à base de silanes, de siloxanes ou de copolymères fluorés, de classe A ou A+, injectés dans des trous de 12 mm tous les 8 à 12 cm, au-dessus du niveau du sol extérieur. Crème ou liquide, le principe est le même : rendre une tranche du mur hydrofuge pour couper la montée de l'eau. C'est la technique que proposent la grande majorité des entreprises belges, entre 85 et 110 € le mètre courant hors TVA pour un mur de brique courant.

La crème est la plus répandue. Le liquide garde un intérêt sur certaines maçonneries épaisses ou irrégulières, où le diagnostic montre qu'il se diffusera mieux. Tout est détaillé sur la page de l'injection d'un mur humide.

La coupure mécanique : saignée, membrane ou plaques

C'est la méthode la plus ancienne et la plus « physique ». On scie le mur sur toute son épaisseur, en pied de mur et par petits tronçons, puis on glisse dans la saignée une membrane bitumineuse ou synthétique, ou des plaques étanches, avant de recaler la maçonnerie. Une variante enfonce des plaques d'acier inoxydable ondulées dans un joint.

Tronçonneuse à chaîne utilisée pour scier un mur de briques en pied de mur
Membrane noire insérée horizontalement dans un mur de briques au-dessus du sol

La barrière est franche, mais c'est un travail de gros œuvre. Scier un mur porteur ou mitoyen demande une étude, et le chantier est bruyant, long et plus cher. Dans une maison de rangée belge, on la voit rarement proposée. Elle peut se justifier pour un mur accessible, en brique régulière, quand on refait de toute façon tout le rez.

Plaques d'acier inoxydable enfoncées dans le joint d'un mur ancien comme barrière contre l'humidité

Un doute sur l'origine de votre mur humide ?

Envoyez une photo du bas du mur. Une entreprise de votre région la regarde et vous rappelle, en général sous 24 h ouvrables. Gratuit et sans engagement.

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L'électro-osmose et les boîtiers « sans travaux »

Ces systèmes promettent de repousser l'eau vers le sol grâce à un courant électrique, avec des électrodes dans le mur ou un simple boîtier posé dans la maison. L'argument est séduisant : pas de forage, pas de casse. L'AWaP est pourtant claire : la technique, basée sur le principe d'électrophorèse-osmose, « ne fait pas l'unanimité et ne semble pas devoir être retenue ».

Si un vendeur vous en propose un, demandez des mesures avant et après installation, réalisées par quelqu'un d'indépendant, et les conditions exactes de remboursement en cas d'échec. Et comparez avec un devis d'injection.

Les siphons atmosphériques : à proscrire

On les reconnaît sur les façades anciennes : une rangée de petits trous ronds en pied de mur, dans lesquels étaient insérés des tubes poreux en céramique, appelés aussi tubes de Knapen. L'idée était de faire « respirer » le mur pour qu'il sèche. Selon l'AWaP, ils sont inefficaces et à proscrire. Si votre maison en a encore, ce n'est pas une barrière : il faudra traiter comme si rien n'avait été fait.

Façade enduite avec une rangée de siphons atmosphériques ronds en pied de mur

Les enduits et membranes anti-salpêtre

Un enduit d'assainissement est poreux et accueille les sels dans sa masse, sans les laisser abîmer la finition. Une membrane anti-salpêtre fait écran entre le mur salé et le nouveau plafonnage. Les deux sont utiles, souvent indispensables, après une injection. Seuls, ils ne coupent pas la remontée : ils la masquent quelques années. Une entreprise belge affiche un enduit anti-salpêtre autour de 90 € le m². Le guide du traitement du salpêtre explique quand les poser.

Les anciennes barrières : pourquoi elles lâchent

Beaucoup de maisons du 20e siècle ont une barrière d'origine : une couche de bitume, d'ardoise ou de mortier hydrofuge posée à la construction. Elle a pu être percée par des travaux, contournée par un trottoir rehaussé, ou simplement vieillir. Certaines façades portent même encore la plaque d'une ancienne entreprise de traitement, témoin d'une injection passée.

Plaque métallique d'une ancienne entreprise de traitement contre l'humidité fixée sur un mur en pierre

Quand une ancienne barrière existe mais que l'humidité revient, le diagnostic doit dire pourquoi : barrière trop basse sous le niveau actuel du sol, mur voisin non traité, infiltration par le haut. Ce n'est pas forcément la barrière qui a échoué.

Comment choisir, en pratique ?

  1. Faites confirmer que c'est une remontée, avec des mesures. Le guide du diagnostic explique quoi demander.
  2. Pour un mur de brique, partez sur une injection et comparez deux ou trois devis.
  3. Pour un mur en pierre, épais ou à vides, demandez quel produit et pourquoi, et si une injection liquide est plus adaptée.
  4. Prévoyez la remise en état de l'enduit dans le budget. La page des prix du traitement donne un exemple chiffré.
  5. Écartez les boîtiers et les tubes, quoi qu'en dise la brochure.

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Questions fréquentes

Quelle est la solution la plus efficace contre l'humidité ascensionnelle ?

Une barrière continue en pied de mur. En pratique, une injection de crème ou de liquide hydrofuge de classe A ou A+, bien posée, sur une remontée confirmée par des mesures.

Les boîtiers anti-humidité fonctionnent-ils ?

L'Agence wallonne du Patrimoine estime que l'électro-osmose ne fait pas l'unanimité et ne devrait pas être retenue. Exigez des mesures indépendantes avant et après si on vous en propose un.

Existe-t-il une comparaison officielle des traitements ?

La référence belge est la NIT 252 de Buildwise. La fiche publique de l'Agence wallonne du Patrimoine en reprend l'essentiel pour la mise en œuvre d'une barrière.

Photos : HTL-Mödchen23 (CC BY-SA 4.0) | HTL-Mödchen23 (CC BY-SA 4.0) | wdwd (CC BY-SA 3.0) | Kebabknight (CC BY-SA 3.0) | Neil Owen (CC BY-SA 2.0). Wikimedia Commons.